Concernant les exercices destinés aux élèves
Appelez-le drill, entraînement, travail individuel, évaluation formative ou exercice, il vient toujours un moment où il s'avère nécessaire d'y passer. Nous souhaitons toutefois que les points suivants soient pris en considération lors de ces moments d'importance :
- Le recours au travail sur ardoise est à privilégier lors des phases où l'apprentissage n'est pas encore stable et pérenne chez une majorité d'élèves. En effet, l'utilisation de ce matériel permet à l'élève de réfléchir individuellement, de bénéficier du temps dont il a réellement besoin, d'avoir l'opportunité de présenter sa réponse à l'enseignant, de confronter sa réponse à celles de l'ensemble de la classe, de ne pas être victime de moqueries en cas d'erreur et, partant, d'oser se tromper. Pour l'enseignant, cela permet d'éviter les copies à corriger, de voir rapidement qui éprouve des difficultés, d'exploiter les erreurs des élèves lorsqu'elles sont susceptibles d'être porteuses d'apprentissages.
- Il est vivement conseillé de différencier les exercices en fonction des besoins et des capacités des élèves. Demander à un élève de travailler en dehors de sa Zone proximale de développement en lui imposant de résoudre une tâche trop facile ou trop ardue est à la fois démotivant et contre-productif. Cependant, la différenciation n'implique pas de viser des niveaux différents en fonction des élèves ; cela implique davantage de fournir les aides nécessaires (matériel ou soutien d'un adulte ou d'un enfant) qui permettront d'acquérir les compétences visées.
- Il est strictement interdit de laisser les élèves résoudre longuement des colonnes d'exercices sans bénéficier de corrections immédiates et régulières.
Pour
exemple négatif : Vous donnez une quarantaine de calculs à résoudre
individuellement à un élève et vous corrigez une fois l'exercice fini. A
ce moment, vous constatez que l'élève a utilisé une mauvaise stratégie
de résolution et a commis de nombreuses fautes. Ce faisant, il a
"drillé" sa mauvaise stratégie et souffrira d'une démotivation bien
légitime.
Pour exemple positif : Vous demandez à un élève de
résoudre cinq des quarante calculs de la liste (et pas seulement les
cinq premiers car, en général, la difficulté va croissante). Vous
constatez alors qu'il y a un problème dans sa stratégie de résolution et
entreprenez de lui expliquer la méthode à appliquer. L'élève - qui a
encore 35 calculs à faire - sera probablement beaucoup moins démotivé
par ses erreurs et beaucoup plus enclin à vous écouter pour réussir la
suite de son exercice.
Si vous êtes incapables (parce que,
comme tout le monde, vous n'avez que deux mains et un seul cerveau) de
corriger en permanence vos élèves, utilisez le tutorat,
l'auto-correction, ou bien encore ciblez les élèves qui auront le plus
de chances d'avoir besoin de vous.
- Le recours au travail collaboratif peut se montrer porteur de nombreux apprentissages. Les interactions en binômes sont à favoriser tout particulièrement.
